La machine à adhérer au PCC

 

Après la machine à danser, la machine à adhérer au Parti Communiste Chinois. Il fallait l’inventer, la société Wang Meng Keji Technologies l’a fait ! L’objectif dit la publicité est d’aider les dizaines de milliers de Chinois qui chaque année souhaitent adhérer au plus grand parti de la planète « mais s’inquiètent pour leur écriture »

   
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
« Ecrire automatiquement une lettre d’adhésion au parti », c’est le nom de ce logiciel proposé depuis le 4 octobre dernier sur le moteur de recherche Baidu. Selon le site qui le commercialise, ce dernier est destiné à aider  « celles et ceux qui souhaitent adhérer au parti mais qui s’inquiètent pour leur écriture ». Plus de risque en effet de rater son examen devant la commission chargée d’étudier les demandes d’adhésion : « Le logiciel peut écrire des milliers de lettres types et c’est différent à chaque fois » promet la publicité.
 
Devant une telle annonce les internautes chinois sont comme souvent partagés entre l’éclat de rire et le doute raconte le quotidien hongkongais Dagong. S’agit-il d’un canular ? Non, après enquête la société Wang Meng Keji technologies existe bel et bien. Basée dans la préfecture autonome de Yanbian à la frontière avec la Corée du Nord, au nord-est de la Chine, elle propose cinq logiciels à télécharger en ligne dont un formulaire destiné à aider les fonctionnaires du bureau de la sécurité sociale et des ressources humaines lors des entretiens avec les usagers et un autre pour le concours national des comptables sur les connaissances des règlements financiers et juridiques. 
 
 
 
Il est donc si difficile que ça d’adhérer au Parti Communiste Chinois ? Selon le Quotidien du Peuple, sur les 22 millions demandes d’adhésion l’année dernière, 3 millions seulement ont été acceptées. En insistant, les demandes finissent par passer mais il faut s’y reprendre à plusieurs fois. « C’est très chiant, il faut montrer qu’on connait le jargon communiste et montrer sa motivation et il faut recommencer tant qu'ils jugent qu'on est pas prêt » nous a expliqué une étudiante qui a finit par laisser tomber. Il faut aussi participer au catéchisme communiste et suivre des réunions avant et après l’adhésion dans l’université ou sur son lieu de travail et verser une cotisation mensuelle représentant 1 à 2 % de son salaire. Alors évidement la machine à adhérer ne permet pas d’échapper aux réunions ni à la cotisation, mais elle écrit pour vous dans un style « discret, ouvert, radical, conservateur ou libéral ». 
 
L’entrée au PCC est plus une question de réseau que de convictions. Les comités du parti sont dans toutes les entreprises en Chine, y compris chez Wall Mart le géant américain de la distribution. Même les plus grands patrons sont encartés, quand ils ne deviennent pas délégués de l’assemblée nationale populaire. Selon le département de l’organisation du parti central, le Parti Communiste Chinois comptait près de 83 millions d’adhérents fin 2011. De quoi faire des jaloux à l'UMP comme au PS. Le PCC ayant il est vrai un gros avantage en matière de recrutement... Il n'a pas de concurrent !  
 
 
 
 
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